26 octobre 2006
voyage intérieur d'un comédien
Sur les marches du théâtre, beaucoup de choses seraient encore à dire. Plus je joue et plus j'apprends. Il faut dire que, sur cette pièce là, c 'est tout un grand " bazar", presque un big band qui s'était mis en place. Nous avions notre groupe de rock qui est venu plus qu'illustrer les passages importants de la pièce. Donner un rythme, marquer un souffle. Le staff technique aussi important, plus que dans les autres pièces, ( plasticienne, ingénieur son, ingénieur lumière, régisseur) a encore un peu plus marqué la richesse de cette aventure humaine.
Il est étonnant de voir que cette aventure collective est d'une grande richesse intérieur. Nous avions un metteur en scène qui nous a poussé à l'extrême. Je me souviens, par exemple, d'une soirée de répétition particulièrement riche mais éprouvante. Le premier acte avait été bouclé et il s'agissait de faire un filage du second. Il fallait aller le plus loin possible dans l'acte II.
" eh bien improvisez maintenant".
Nous avons donc eu trois quart d heure de construction intense, avec nos repères bousculés, au plus près des émotions des personnages, à se perdre dans un espace qui semblait de plus en plus hostile. On sort de là avec les jambes tremblantes au bord d'une crise de panique. Quand la pièce est jouée, on se dit qu''il a fallu une grande confiance du metteur en scène, pour nous laisser sur la piste aux étoiles, avec aucun autre instrument que nous même.
En même temps, j'ai enfin élaboré un personnage, et ne verrais plus le théâtre de la même façon. C'était la seconde pièce narrative mais la première où la liberté d expression était si grande. Nous proposions, le metteur en scène disposais. Un personnage se construit, de plus en plus, selon les représentations, son interprétation est de plus en plus fine. L'écriture du personage se fait en second lieu et quelques fois même principalement sur la scène et dans le jeu.
A travers cette aventure, j'ai compris à quel point la vie en groupe, dans des moments, tels que le théâtre, et même dans la vie, nécéssite à chacun de gérer ses propres émotions, les peurs, les angoisses, les joies du moment. La cohabitation avec une actrice, chez qui j'ai dormi dix jours, m'a permis de comprendre ce décallage, quelques fois, le soutien d'un duo à d 'autre moments.
La leçon que je retiendrais alors, c'est que chacun dans son univers individuel ,a besoin de l'autre, mais qu'un bon contact avec l'autre nécessite d abord une bonne connaissance et une bonne acceptation de soi même.
20 octobre 2006
en scene
le théâtre est cette fabuleuse aventure humaine où l'on se prépare à mourrir à la fin de la représentation. Comme un combat de gladiateur sans armes et sang versés. Pourtant qu'il est troublant de constater chaque soir de représentatin cet état intérieur qui va venir nous troublé.
On se retrouvera soit entierement comme une coquille vide que le personnage va habiter et que l'on va habiter en lui, communion de l'acteur et de son héros. Soit comme un technicien qui connait les ficelles, les émotions à jouer et qui cherche dans le public son miroir personellement, je préfere le premier état. Ce fut trois représentation et trois états différents.
Avant la première, nous avons eu un filage qui 'envisageait rien de bon au point de dire à ma camarade de jeu : " nous sommes dans le même bateau et le capitaine nous a fait prendre le titanic".
Pourtant ou à cause de cette peur du naufrage celà sembla la représentation où il y a eu le plus d osmose avec le public. Il s'agissait en même temps de la générale. Premier filage complet de la piece ( on l'a joué de bout en bout).
Détaché de cette angoisse, la seconde nous à permis pour la plupart d'entre nous même si d'autre était pret avant à communier avec nos persos à ce que soit les individus présents dans la piece qui communique entre eux, s'écoutent et réagissent.
La troisieme sembla un peu plus difficile, devant un public, un peu moins sensibilisé au théâtre le jeu fut plus technique. Avant même de rentrer en scene un comédien avait perdu un accesoire de jeu indispensable. Il s'agissait aussi de l'aboutissement d'un projet de deux ans, les tensions se faisaient sentir....
Voilà avec ce texte un peu long, les impressions des trois représentations, les répétitions furent enrichissantes aussi mais elles feront l'objet d'une autre note de ces souvenirs à rebours, je finirais peut être cette page théâtrale sur l'histoire elle même.
04 octobre 2006
trétaux
Après avoir vécu cette expérience si riche, du point de vue émotionel et constructif, du point de vue humain, il me parraissait neccessaire de commencer l'acte par les disdascalies : des notes prises au fur et à mesure et un poeme si proche de ce que j ai vécu que chaque mot m 'est souvenir :
En trac :
Le coeur battant la chamade,
Les jambes flageolantes,
Le rire coule en cascade.
Le blues du précaire :
Fin de bail
Fin de contrat
Radiation
Explusion
Mise en scene :
Le metteur en scene réecrit sur le tableau noir du comédien les émotions effacées
Par ce que la vie se joue presque en même temps et qu'au théâtre chaque soir est une petite mort.
Hèlas, il tique:
Le couple, c 'est comme un élastique, tu l'étires, tu l'étires, tu l'étires et quand tu le relaches, il te claque entre les doigts.
Pour conclure dans l'émotion :
" Que l'amour est aussi un théâtre"
Tout amour est d'abord un
théâtre L'instant
Du rideau frissonnant le
bruit des gens
Autour et le prélude
dans la fosse
Le silence un instant sur la
scène
Un instant de
poussière avec la lumière et le rideau levé
Tout commence comme un
bizarre essai des lèvres
Une dernière
répétition du baiser La
Question qui se cherche
hésite à se poser
Quelqu'un là-bas
tousse essuie un meuble ou se
Regarde en passant devant le
miroir
Tout amour est d'abord ce
frémissement qu'éprouve
L'être de chair devant
l'être de chair
Tout amour est d'abord ce
regard indécis
Cet arrêt d'avant
Tout amour est l'oubli
merveilleux sur lui
Des yeux des autres l'oubli
de ce qu'il n'est pas encore mais
Qui vient qui monte en moi grandit
Toujours avec la fureur d'un
21 septembre 2006
rideau
Pour cause de répétition théâtrale je fais une pause, restant en coulisse, remontant de temps en temps sur scene. Je vous dirait tout sur " Corps et ombre" au fur et à mesure peut être mais surtout à mon retour, début octobre. Bonne continuation à tout le monde à très bientôt.


